Là-haut
La steppe.
Le pays d’où sont partis les arbres, chassés par le vent.
Où ont poussés, pas plus haut que des buissons, des chevaux, lui tenant tête, et des hommes, à peine plus grands, à la tête des troupeaux de yaks et de tempête.
La steppe.
Le pays d’où sont partis les arbres, chassés par le vent.
Où ont poussés, pas plus haut que des buissons, des chevaux, lui tenant tête, et des hommes, à peine plus grands, à la tête des troupeaux de yaks et de tempête.
Je l’aime de brume et de froid, quand monter là-haut me brûle les doigts, et que le vent gris raye tout de sa lame, le renierai-je, quand pour d’autres il poudroie, du bronze de ses roseaux, et de l’or du chant de ses passereaux.
Tout est gourd, le temps, mes doigts, je n’arrive pas à sortir de moi, je faillis, et ne serai pas à toi aujourd’hui, tu me pardonnes, je crois, tu sais la somme de froid que je te dois, et je sais tout ce que tu me donnes en contrepartie. Mais pas aujourd’hui.
Au fond du bol froid, riche et gras, le bouillon, des rondelles de carotte, de petites mottes, des quartiers de navet, pris comme des icebergs dans la glace de la graisse, des écheveaux de poireau, chevelure verte et grise d’une Ophélie voguant sur la mer calme de la soupe. Lui donner vie, à la soupe, la poser sur le feu, regarder, humer la débâcle, la merzlota qui fond au fond de la marmite. Sortir une cuillère, une assiette. C’est prêt.
Son menton tremble,
Sa mantille, traversée par
Le vent, un monarque.
Lundi, commencer
Par Woody, faire les carreaux,
Attendre la pluie.
L’odeur verte, la lame
Qui passe dans le gras de l’herbe,
Sueur du faucheur.
Je pense un carré,
Sourdent les ombres fraîches, l’air
Des matins premiers.
Cahier ouvert de
Sa peau, le soleil en cent
Lignes crevassées.