ce que vos yeux vairons

Catégorie: Dietrich Fischer-Dieskau

Double débrayage

Les deux mains
Sur le clavier,
Contrôler
Le pédalier.
Laisser filer.
C’est une cantate.

Extérieur nuit

Hedda se laissait observer par les étoiles.
« Je suis un point pour vous aussi, une poussière qui ne danse pas sous la lune ».
La camisole des nuages étouffa ses dernières paroles avant sa quête du sommeil.
Max lui manquait, et l’aube reculait.

Auf den Spuren

En Pernambouc comme
Au Saskatchewan, les cieux
Sont-ils verts ou bleus ?

5 AM UTC

La gouttière pépie,
Je ne fais pas de bruit, la
Tasse refroidit.

Leçon de musique

Promettez-moi,

Lorsque tout cela

Ne sera plus un jeu,

Quand vous ne rirez plus

Et grimacerez

De mes fautes,

Quand la coquetterie

De la discordance

Se fera verrue,

Et que l’enjeu

Du sérieux

Fera entendre

La basse sourde

De sa voix,

Que vous me direz

Encore que vous n’avez

Pas oublié combien

Le grain incertain

De mes cordes

Un jour aura pu

Vous troubler.

Continuum

Le tuilage des voix

S’accomplit, le cordon

Du souffle de bouche en bouche

Se conduit, le son

Se perpétue ,il dit tu,

Je dis vous, nulle gorge ne faillit,

Circulation de la mélodie qui jaillit

Et ricoche son galet

Sur le cercle des chanteurs réunis.

 

Der Wanderer

Ce temps

Incertain

Sur le seuil

Duquel

Je reste,

Une croisée

Des chemins,

La volière

Bruisse

Du souvenir

Perdu

Des oiseaux

Déjà trop

Loin.

De leur

Migration,

Ils reviendront,

Ils me prieront

De prendre

Mon envol,

Il me faudra

Enfin

Les écouter.