La fenêtre
Mentalement, en
Courber le verre, un brin de
Laine rouge. Planer
Mentalement, en
Courber le verre, un brin de
Laine rouge. Planer
Je m’assois au bord.
J’attends.
A ma droite, entrant dans le cadre de l’étang, un pinceau, un grèbe huppé, son zigzagzao.
Ce matin, sur le billot, du nouveau, une branche.
Et un oiseau qui siffle son guanche.
Je ne comprends rien à rien.
Oh, apprends-moi, oiseau-griot.
A parler billot.
Je parle, et l’air, jaï-alaï, qui renvoie, qui duplique, le sillon, ce que je dis, qui tourne en rond, en cercles concentriques, je cherche sous mes pieds un rognon de silex, quelque chose d’acéré, qui se fiche dans le plexus, et le mur, le souffle court, qui halète son répons.
La nuit, et son drap épais.
Posé sur la canopée, comme sur la cage d’un oiseau.
La forêt se tait.
Et quand, bientôt, le soleil soulèvera un coin du voile, tomberont les oeillères, les baillons.
La vie.
Au premier rayon, le merle-muezzin, le moment incertain, le jour en bourgeon.
Et le ciel bleuit, un nuage gris.
Un à un se scellent, carreaux, Azulejos, le ciel.
La nuit, quand je ne vois pas, les frontières de mon pays, un décimètre, un fil, de mes cils, jusqu’au bout des mes doigts. Et quand au matin, à force de coups d’oeil, la persienne se troue, et laisse passer le marc du soleil, mon pays pousse et grandit, jusqu’aux confins, où se porte mon regard, un coin de jardin, et là-bas, quand se courbe l’horizon, quand je ne distingue plus rien, il n’y a plus de pays. On n’enferme pas les nuages.