ce que vos yeux vairons

Catégorie: écriture

Da capo

Regarder d’en haut, si l’on vous a fait la grâce d’être un oiseau
Le voyage est circulaire, tracé de l’hélice de la coquille d’un escargot,
La route tourne sur son axe, comme ces enseignes-sucre-d’orge rouges et blanches et bleues des barbiers
Rubans, en longs phylactères de la colonne de Trajan,
Château de sable en turban de la Malwyia,
Je répète la route mentalement.
À gauche, la montagne en rochers de grès, à droite, en à-pic, la forêt,
Au sommet, suivre l’ambre du torrent, une truite me salue en allemand, « Es freut mich ! », je roule jusqu’à la maison du bout du monde, ses douze montres, pendules, et coucou, la petite, ronde, à crémaillère, si jolie
Attendre, que tous annoncent le lever du jour, au fond de la vallée, le V noir des sapins verdit, le soleil monte comme une hostie derrière la montagne.

Germe

Idée. Gracile
Scion, bientôt, s’il s’ouvre,
Noyau de cerise

Rue Hamelin

Odilon. Il pense ?
À Redon ? Remonter la voix
Jusqu’en sa source

L’esprit de l’escalier

Jpeg

Lieu commun

La pluie tombera
Mille fois au même endroit,
Légende. Vois, l’orage

Au hasard

La porte à tambour
Tourne, délivre une personne,
Comme bille de roulette

Moulin à marée

La mer, que gerbe
Le vent, une moisson d’écume,
En épi d’avoine

Goutte de crépon

Coquelicot, rose
Dans un champ, un épi de
Blé froisse sa soie

Ikebana

Arcure d’une branche de
Prunier, cambrure d’un ivoire,
D’une Vierge à l’Enfant

La soupe aussi

Je mange une assiette
De soupe la porcelaine craque
Elle est trop cuite