Que dit le facteur
La pancarte qui
Dit « Chien » sous-entend-elle que
Le chien est gentil ?
La pancarte qui
Dit « Chien » sous-entend-elle que
Le chien est gentil ?
J’ai une grand-mère, et la lumière
Est le souvenir, qui se prend dans ses cheveux,
Un coquillage, à la nacre bouclée, perle
Qui s’irise, de cette teinte des vagues,
Avant l’orage, dans un lagon, vert, gris, et neige,
Une île très australe, juste avant qu’elle ne meure,
Là-bas, une caldera qui s’effondre dans les eaux
Derrière l’horizon, les falaises des Marquises
Planter, côte, à côte
Pour le pollen, un thuya de Chine
Un lentisque, pour la résine
Vaquer à d’autres occupations, pendant quelques années, si l’on peut.
Le temps de la pousse
Le moment venu, déplier un drap blanc, entre les deux
Un arbre pleure, ses larmes lentes, le long du tronc, jusque dans le grand mouchoir
L’autre se répand, pulvérulent, spores d’or, sur le suc
Entre leurs racines, les grains d’un ambre éphémère, qui fondra avec la nuit.
Dans les boites aux lettres,
Où poussent des graminées, où nichent les oiseaux,
Sur un tas d’enveloppes desséchées,
Plus rien d’autre, que du vivant
J’espère un pli, un rouleau de papier,
Écriture à la plume d’oiseau,
Et poudre fine, siccative,
Qui boit l’excédent d’encre
L’écran est lisse
Je passe le doigt
Nulle poussière n’en exsude
Il n’y a pas de courrier aujourd’hui
Ceci est du sable
Je le ratisse. L’oiseau, qui
Sautille, cunéiforme
Territoire du poème. Quelqu’un est adossé
À un arbre. Le décor n’est plus lettre morte
La mer est venue,
Jusque dans la forêt. À
Quai, un steamer fume