ce que vos yeux vairons

Catégorie: écriture

La neige, et juin

Jpeg

Standard-Island

Je fus sur une île, est-ce cela, une île,
Si encombrée, qu’il me vint vîlle, chose imprononcée,
Aux lèvres, les gens, les Jean, et Jeanne, et j’en
Fus une, l’île allait couler, il eût suffi
Pour cela, d’un Jean surnuméraire, d’un pied butant
Sur une pierre-bonde, et la baignoire de se vider
De son eau, et de ses hommes-mousse

Je fus sur une île si lourde de nous tous,
Que je l’entendis bêler, comme un mouton jeté
Dans un bain à déparasiter
.
Puis l’île se tut, rendue à son sort, vint son havre, la nuit,
Les Jean et Jeanne, repus d’elle, revenus au port, se sont endormis.
Je dors, bloom de la neige.

Harmonie des sphères

Sur la colline fauchée, les cylindres,
Fûts doriques de paille serrée, qui n’en
Finissent pas de rouler, boules d’un cristal
Blond, tous les soleils épars sur le ciel d’Arles,
Dans un champ, pinceau-corbeau, le chevalet,
Poussière de la balle de blé, et le tableau

Les rêveurs

Soulevez les pulls. Leurs dos sont ceux de coccinelles,
Plus ou moins de pois, le compte n’y est pas, jamais.
Bancal, l’enfant seul, couché sur le dos, les yeux
Au ciel, ou au plafond, sur ses ailes, des ronds
Qu’on ne voit plus, effacés, avec le temps,
Il joue, silencieux, les nuages sont ses seuls cerfs-volants

Vois-tu

Ce qui reste du rêve, je ne le frotte pas
Au coin de l’oeil, prise dans le fanon des cils,
La résine d’une concrétion, brisure
D’une perle baroque, à l’orient jaune à peine,
La nuit, et le mucilage des brumes,
Qui brouille la vue, ondulent, les lignes droites,
Avant l’éveil, le monde est sphère et courbes.
Je me roule en boule, sans fin, ni début

Double sens

Merle l’enchanteur, et le vent, enfants de coeur
Du jardin, dont ils dissipent aux quatre coins,
Sur le carré des simples, les terpènes du sapin,
L’encens sucré et tiède, qui circule autour
Du tilleul en cheveux, à la nuit tombée,
L’oiseau-ivre, comme un vieux sorcier, chope
La note, s’accorde à l’odeur.
Tout est juste et bon

Cascade et le nuage

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Regrets

Sur votre langue si pure, en mucus épais,
Le ciment du silence, où, comme dans la bouche
D’un enfançon, ne croît plus qu’un amer muguet

Lucernaire

La nuit, sur la forêt. Au désert de l’arbre,
L’oiseau anachorète, cantor d’une église endormie,
La branche où il officie est une scène vide,
Son chant s’égrène, grains noirs d’un chapelet de buis
O solitude

Dors

Un dessin animé, s’anime le lé
De papier, un nuage, maître de ballet,
Balaie léger, sur le voilage, que le vent
Soulève, une poudre, mica mouvant de
La lumière, et le mur se paillette,
Un courant d’air dilue l’apparition,
Souffle sur le soleil, qui disperse son pollen
Sur les murs, la pièce, à la feuille d’or,
Repos d’un pharaon