Manger le galet

Sur le sable gris s’est dévêtue Vénus, les laminaires sont son vison
Et peut-être est-ce fourrure d’une femme, je lis son âge sur les rides en vagues du renard, son poil flamboie, les derniers feux d’une forêt d’érables, puis bientôt, sur le tour de cou, le goutte à goutte, au pinceau, les premiers fils plus clairs, un estuaire qui s’étend, piébaldisme.
Un tas d’algues.
Le sable est lisse, sans traces de pas.
L’histoire s’efface, la femme à la fourrure, emportée.
Il y a la pluie, celle dont on lit la définition dans un dictionnaire, simple, regarde, lis.
Celle qui tombe pour moi aujourd’hui n’est pas la tienne, as-tu, près de toi, des pins, dont l’eau se charge des terpènes, du sable, que sature la mer, odeur mouillée de pierre à aiguiser, et le sel, en suspension dans l’air, dont les cristaux, comme une neige, se déposent sur tes joues, dont tu récoltes la fleur sous tes ongles, sur ta langue, une saumure, de salive et de varech, la pluie.
Je lance, le rebond, une balle contre un mur, comme Papillon.
Un jour, le mur resonnera, portera votre nom.
Port Haliguen, la jetée,
Sur les pas usés du capitaine.
La pêche au lamparo,
La lune pour tout fanal,
Le sable, entre mes doigts,
Petits boutons de nacre,
Poissons de mica.