« Tous les matins du monde », papier kraft

Comme ces joueurs
De flamenco,
Toujours avoir
Sur soi,
Parmi la masse
De ses ongles ras,
Un doigt armé,
Pour d’une orange,
La peau pouvoir
Entamer.
La neige, sa gomme, et blancs, les bruits, la neige est une nonne qui bat le bitume, son voile pâle de novice noirci dans le ruisseau.
L’endroit, toujours le même.
Je tiens ma position.
Sur le chemin de ronde, une tour de guet, à tous les vents, rien ne vacille sur la ligne d’horizon.
La digue est une longue muraille qui ne défend rien d’autre qu’un étang et ses janissaires de roseau.
Alors je bascule vers le ciel et son ventre, la vie est là-haut.
Noire, légère, gris-ardoise, la vapeur des nuages.
Sur l’horizon, rien ne bouge.