ce que vos yeux vairons

Catégorie: En forêt noire

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Ossies to
Wessies, ashes
To ashes
Pauvre pays,
Käthe K.,
Rue des Faisans,
On dirait une chanson,
Qui ne rime à rien,
Ses fusains,
Du noir de fumée,
Blanc.

Indéfinissable

Dans le haut cahier, entre deux pages séchées, séché, un samare.
De quel arbre s’est-elle détachée, hélice de papier.
Je penche pour,
Je ne sais pas.
Trop de lumière du matin, ce matin là, pour en distinguer l’essence.
Alors, j’effleure, je sens.
Odeur de papier, celle du haut cahier, et sous mes doigts, des stries de crépon du Japon.
Je ne sais toujours pas, samare sans nom.

Le haut cahier, je l’avais oublié

J’ai laissé la maison, et ses onze coeurs-horloge, coucou, comtoise, caroussel de mariage sous un globe, sur un napperon, les coeurs sonnent de concert, puis ils se désaccorderont, de plus en plus, jusqu’à ce qu’une main les réaligne.
La peau du temps, première fissure, Dorian Gray perd une dent.
Il n’y a pas de douzième heure dans la maison, Ramona, Ramona

« Et au milieu coule une rivière »

Mes bien très chers,
Il y a d’abord, translucides, rondes et grises comme des tranches de radis, les écailles-daikon vernissées du poisson, et je regarde filer ces lances argentées, je ne pêche pas…
A bientôt.
Votre A.K.

Temps de pause

Jpeg

Trauermantel

Et soudain, ce qui d’ici, de la banquette de pierre, me semblait buisson de fleurs, se mit à bouillir, l’impression brouillée d’une image, dans une pièce d’eau, les boutons de fleurs, isocèles, un pli, une amorce d’origami, ouvrirent lentement leurs pétales, et se détachèrent, répondant à quelque mystérieux signal, défoliant le buisson, un nuage mouvant, couleurs sur le ciel d’un banc de papillons.

Grünewald

Voyage au pays des bocaux, des mots longs comme des phylactères médiévaux, et mystérieux, Stachelbeeren, Johannisbeeren, une bouteille, ventrue, comme une cornue, un liquide jaune, une liqueur, je cherche l’athanor, je reconnais l’écriture de l’alchimiste, sur les petits pots de confiture, je referme l’armoire, ses deux vantaux, repliés comme des ailes, un retable.
Je suis ailleurs.
Tout me le dit.

Donnerwetter

Et tout est étain, le ciel, le chant des oiseaux, Roland Furieux, il ne reste que les corbeaux, et leur rocaille, décomposition du bleu, les nuages sont amas de laine sale, le suint de la pluie, qui emporte un duvet de mésange, petite médaille un instant suspendue, et.
Flash au magnésium, le visage de folle de la forêt, les tubulures de l’orage, des piétinements, un séisme de bêtes sauvages, pris par l’éclair, et le tonnerre, tout halète, le tonnerre, en forêt noire, comme sur les hauts de Cracovie, le joueur de trompette, crac

Schwarzkalt

Je monte, l’étang.
Retrouver plus noir que tes eaux.
La lame d’un couteau qui tranche, à tort et à torrent, de la chair de grès, ses varices rouges dans le courant, des touffes de fougères, une paille de feuilles rousses et sèches.
L’hiver, là-haut.
La forêt se décharne.
Le froid, sa lèpre, tout tombe en morceau.
Puis viendra la neige.
Elle se posera, comme un pansement.
Plus d’ulcération, cette misère qui fait du vallon un écorché.
Un dément de Brueghel.
La neige mettra fin à l’infection.
La neige.
Tout s’apaise.
La neige, sa main douce, sur la forêt, ses écrouelles.

Drei Vögel

Hans, Peter et Rosa, mon fagot, ma botte, mes trois fleurs, séchées, que dit-on de ces fleurs-là, qu’elles sont peut-être mortes, à l’abri de mon herbier.