Private lecteur
J’ai eu des temps heureux, des temps où je me vidais de ma substance pour alimenter ma plume, encore et encore. Vous me lisiez alors. Désormais mes mots en flots taris se perdent dans les sables de l’oubli.
J’ai eu des temps heureux, des temps où je me vidais de ma substance pour alimenter ma plume, encore et encore. Vous me lisiez alors. Désormais mes mots en flots taris se perdent dans les sables de l’oubli.
Abscisses,
Ordonnées,
Carroyage
Des cieux,
Les nuages
Scarifiés
Par le rasoir
D’une aile,
Minces cicatrices
Surjetant
Les voiles bleu
Abysse
Du jour
A la nuit
Cédant.
Pas japonais des
Îles, quand les jardins du ciel
Sur la mer se penchent.
Comme les fers timides du passé qui s’accrochaient sans bruit à la cheville d’Hedda. Les petites vignettes crénelées qui parlaient du désert en un centimètre carré. Des Alaskans et des sables du Gobi, de la croisière jaune et de la cloche tibétaine. Ecrire n’était plus de mise, et la mode n’était plus à la dentelle, les gommettes avaient perdu leurs dents, comme les enfants qu’ils n’étaient plus.
Et pourtant.
Nuit, roi, essenciel,
Bleu glauque comme un vert mer, eau
De peinture. Deep Blue.
Battement d’un regard,
L’arrondi de l’aile
D’une paupière
Se pose
Sur le tarmac
D’une ligne noire.
« Dessine moi un nuage », dit l’avion au petit mouton.
En robe de bal, les
Dieux, bleu drapé de soie sur
Le parquet des cieux.