ce que vos yeux vairons

Catégorie: Fraternité

Autour de l’étang, segment 25

L’étang me tend la
Main, je la prends et j’ôte
Mon gant. Plus de froid.

« Parallaxe », de profil

Jpeg

« Vous faites des photos ? »

La voix a surgi, là, d’outre-bosquet, d’un fatras de ronces, d’arbrisseaux malingres, quelque chose d’incongru.
Qui pouvait vivre dans ces décombres de forêt, j’ai eu peur, un chemineau, une ombre de cauchemar.
La voix a dit « Venez ! »
« Venez voir ! »
La peur encore.
Alors il s’est avancé.
Un vieux bonhomme.
Un peu courbé, un peu sale, très content.
« Je viens nourrir mes abeilles, vous voulez faire une photo ? »
Outre-peur.
Juste un vieux monsieur, un peu courbé, un peu sale, il a travaillé.
Et qui a partagé.
Et j’ai honte.
C’était un vieux monsieur.
J’ai eu peur d’un apiculteur.

Jpeg

Berger

Moussues, s’appuyant
Au pied du grand arbre, les
Pierres couchées, et leur

Hin und her

Je suis de l’ubac, toi de l’adret.
Juste de l’autre côté de la forêt.
Une montagne, et ses versants.
Sa ligne de partage des eaux.
Les os de nos pères.
Ligne de fracture, les mots, la frontière.
Les mots qui s’emmêlent, passée la plaine.
Ils s’en mêlent pour nous.
Schaukelchaise, ein schöner bonjour.
Une rangée de sapins en sentinelle.
Mes yeux la voit bleue, garance, et terre de France.
Ici, au fond du vallon, la forêt te ressemble, mélancolique et sombre, la tombe du soir.
Buvons, Siggi, et disons de la poésie, ta forêt est noire, mais demain.
Les sapins ne se font pas la guerre, ni noirs, ni bleus.
Les arbres ont couleur d’arbre, tellement verts, et je lève mon verre, Bruder.
Zum Wohl !
Die Sonne brille wieder.

Freudenstadt

« La cité de la
Joie », déjà pris, hier, ein Bach,
Que ma joie demeure.

Danke

Confiture de fraises
Des bois. De la maison, le
Trésor, sein Wunder.

Tout petits bocaux,
Et leurs têtes d’épingle rouges.
Ma manne du matin.

Zone blanche

Am Rande der Welt,

Siegrund und Siegehart, Zeit

Zuhause zu sein.

Stehend

Un autre s’en va,

Prendre ses os en attelle,

Et se tenir droit.

Atmen

Lourd, le pas du chant
S’enfonçant, lent, dans le creux
Maigre d’une poitrine
.