ce que vos yeux vairons

Catégorie: froid

Humeur vitrée

Mes mains, comme ces singes des sources chaudes engourdis, cramoisies

Velcrocs sur les vitres

Velours, dix doigts froids
En crochet, limaille de
Peau sur les carreaux

Autour de l’étang, segment 3

L’odeur verte et brune,
Vertébrale de la vase,
Son sceau-cylindre.

Lacryma Christi

Mystère à la cour
Des miracles, Dieu est un
Vendeur de vin chaud.

« Tous les matins du monde », « Is there anybody out there »

Jpeg

« Tous les matins du monde », ficelle

Jpeg

Jpeg

Embâcle

Qu’ai-je broyé entre mes doigts, qui crèvent. Le verre pilé du froid porté par le vent, et mes mains s’ouvrent comme des fruits trop mûrs, et j’essuie sur ma bouche un suint tiède, le goût de fer du sang, figue violette, caviar de la grenade, l’hiver, et son sucre amer.

Sans condition

Je l’aime de brume et de froid, quand monter là-haut me brûle les doigts, et que le vent gris raye tout de sa lame, le renierai-je, quand pour d’autres il poudroie, du bronze de ses roseaux, et de l’or du chant de ses passereaux.

En sommeil

La nuit,
La nuit, je dors,
Tu vois,
Ce qui s’avance
Vers moi,
Des masques
Sans chair
En grotesque
Charroi,
La nuit,
La nuit, je dors,
Je crois,
Et ce qui
Jamais plus
Ne me vient,
En grand arroi,
Le songe,
La trace
De ta voix.

Retour vers la maison

Au fond du bol froid, riche et gras, le bouillon, des rondelles de carotte, de petites mottes, des quartiers de navet, pris comme des icebergs dans la glace de la graisse, des écheveaux de poireau, chevelure verte et grise d’une Ophélie voguant sur la mer calme de la soupe. Lui donner vie, à la soupe, la poser sur le feu, regarder, humer la débâcle, la merzlota qui fond au fond de la marmite. Sortir une cuillère, une assiette. C’est prêt.