ce que vos yeux vairons

Catégorie: froid

Col relevé

Ce soir, les murs frais de la nuit, qui me sont plus légers que la touffeur du salon. J’aspire son doux noir, la tête dans les nuages, laine grise qui dérive devant la lune.

Les gemmes

L’herbe

En aspic

Sous sa croûte

Gelée,

Au jardin

Immobile,

En sa verte

Houle

Figée.

Les assises de l’hiver

Ordonnent l’agonie

Du soleil, brassard blanc de

La neige endeuillée.

Cité interdite

Un lourd drap de soie

Cèle en son sein le poing en

Sang d’un pied bandé.

Ne me suivez pas,

Mon pays de froid

Est là bas,

Entre Ob et Yrtich,

J’écrirai, quand

L’encre fondra,

Alors peut-être

Vous me lirez,

Tailler le bois

Pour me chauffer,

Pour vivre,

Ma plume ,

Attendre le soir,

Au seuil

De ma feuille,

Rester droit,

Mais je vacille,

Le cri

De l’aigle

M’appelle

Comme la colère

De ta voix.

Nécessité de l’hiver

Le froid qui sidère, stupéfie, ensevelit les couleurs, éteint les bruits.

Et annonce la grande attente.

Et quand les blancs gris d’un ciel bas cèdent comme glace qui craque au premier bleu ciel d’un aube naissante,

La douceur de l’air, le vert tendre du printemps ouvrent leur ombrelle,

Et retiennent leur souffle quand point à l’horizon l’annonciation, en mille battements d’aile, de la belle saison.

Chemin de halage

Janvier s’arc-boute,

La nuit à sa traîne,

Et avance, en mariée noire,

Jusqu’au point blafard

Du jour.

Remembrance

Garder tout

Toujours.

Lignes jaunies,

Pages écornées,

Gens enfuis

Que l’on a aimés.

Nuit tombante

Ma mémoire errante

Comme chat huant divague,

Entre chien et loup.

Figaro

L’hiver, son rasoir

Qui saigne les joues, les doigts,

Barbier roide de froid.