Antidotaire
Quand j’entre dans ton
Ombre, ô Déréliction,
Lire une ligne amie
Quand j’entre dans ton
Ombre, ô Déréliction,
Lire une ligne amie
En sa cime, ses feux,
Bourdon lent et silencieux,
Ostension de pierre.
Devant lui l’en-but.
Rien n’arrêtera dans sa
Course un Miura.
Le vent. La chair ferme
De sa main qui s’abat sur
Tout. La joue des gens.
A la jointure de
L’eau et du sable, les pierres,
Les os des rochers.
La peau et le sang
Feuilletage de la lave
Et du froid. Fièvre.
Le sang de mes doigts,
Un lait tourné par le froid.
Fer rouge de la glace.
Les peaux bleutées du
Ciel l’été, mains d’hiver,
Doigts bleuets de froid.
Drossées, bréchet à
Dos, les ailes cassées, les mouettes
Froissées dans le vent.
Un potier tourne
Sans fin sa vis, une coquille
De colimaçon.