« O captain ! My captain ! »
Sous ma peau affleurent
Les marques d’un coup au coeur,
Mes bleus nénuphars.
Sous ma peau affleurent
Les marques d’un coup au coeur,
Mes bleus nénuphars.
Facétieux quand il
Fait le clown sous le ciel de
La toile de son cirque.
Un voilier resté
Au quai amarré, son port
Au conditionnel.
Le temps passé,
En ces années passées
Qui désormais se fondent
Dans les brouillards
De ma mémoire,
A refaire le monde,
T’en souviens-tu ?
Arrivés le lundi,
Le jeudi repartis,
Rien dans le ventre,
Le sable du marc de café,
Et des nuages de fumée
Qui nous vêtissaient
De leurs encens.
Temps des enchantements,
Des demains tenus en nos mains,
T’en souviens-tu ?
Promettez-moi,
Lorsque tout cela
Ne sera plus un jeu,
Quand vous ne rirez plus
Et grimacerez
De mes fautes,
Quand la coquetterie
De la discordance
Se fera verrue,
Et que l’enjeu
Du sérieux
Fera entendre
La basse sourde
De sa voix,
Que vous me direz
Encore que vous n’avez
Pas oublié combien
Le grain incertain
De mes cordes
Un jour aura pu
Vous troubler.
Où pousser mon radeau,
Je cherche des rivages nocturnes,
Aux ombres immobiles et seules,
Abat-jour silencieux de la lune,
Je suis l’invité des roseaux et de la dune,
Et du chant des oiseaux.
Soleil en poitrail,
Dos bleu de vitrail,
Une petite mésange,
Haubanée aux couleurs
Du printemps,
Boule ébouriffée
De Noël accrochant
Son chant aux ramures
Etonnées et nues
Du pommier en sommeil.
Rachat
De mes fautes
Aux enchères,
Votre pécule
Au poids
De mon péché,
Le fléau penche
Et bascule,
Ma rédemption
Oscille,
Le noir
De mon âme
Fait pencher
La balance,
Cependant
Qu’un étrange
Equilibre
Se fait,
Quand à crédit
Vous arrachez
Ma vie
Au nez médusé
Du maître-priseur.
Au dernier jour de
L’automne, j’ai vu le soleil.
Il a les yeux bleus.
« La lecture des pierres » Roger Caillois