ce que vos yeux vairons

Catégorie: Gambier

It’s a long way to Tipperary

A poings joints sur le bord de mon île, et la rosée d’avant le matin qui emperle nos cous engoncés, le vôtre sans doute roidi du vent que cisaillent les haubans, le mien encore tiède, et qui se hausse à la première fausse note du Luciole qui s’enroue. Il chante faux, comme Max, mais que cet air m’est doux.

L’île

Arche

Immobile,

Granite

Inflexible,

Chair

De pierre

Moins

dure

Que certains

Coeurs

Amers,

Fanal

Veillant

Fidèle,

Quand

S’avancent

Mes ténèbres.

Votre main

L’écarquillement

De vos doigts qui se déploient

Comme un parapluie.

Urwald

Je suis d’un autre

Temps, lent, reclus volontaire

En son seul désert.

Ecoulement

Mince plinthe blanche

Qui sur mes tempes serpente

Au gré lent des ans.

Port d’attache

Au plus fort de la

Tempête, j’ai trouvé mieux qu’une

Île, un continent.

La vie-lazuli

Vos yeux ont volé

Au ciel son bleu sans nuage,

Visage en Gambier.

Ataraxie

Divorcer de la fureur du monde,

S’enfoncer en soi comme en futaie profonde,

Etre à son désert, écouter le vide,

Faire sa mue. Tentation de la chrysalide.

Point de suspension

Au silence, donner

Voix, et la gesticulation

Se tait, pose du temps.

Le testament de Niijima

Surgissement d’une

Île, le géographe ajoute

Là son codicille.