Doxologie d’Hédda
Avec vous, sans vous,
Incertaine trinité
Pour seul Panthéon.
Avec vous, sans vous,
Incertaine trinité
Pour seul Panthéon.
On réputait Max inébranlable. Au sortir de son long tête à tête avec Irène, son visage hier encore de marbre n’était plus qu’un grès qu’avaient érodé le doute et les prémices de la culpabilité. La rouelle qu’il faisait porter à Hédda serait sa flétrissure, son injure intime.
De combien de nuits saumâtres les bras tendres d’Irène la tirèrent-t-elle, le coeur haletant ? Irène, sa mère de chevet. Ses larmes muettes questionnaient, incessantes, son visage inquiet.
« Où est-il ? »
« Il ne veut plus te voir. »
Elle était dans le temps du rêve, et rapetassait à façon les lambeaux de son existence. Une manière de se colleter avec le chagrin, et d’amadouer les mauvais jours. Elle n’était pas mauvaise à ce jeu là. A le regarder sous son meilleur profil, Max semblait ne plus grimacer.
La vacuité de ses jours, lourds de son seul ennui. Elle guettait en vigie la bascule des restes du jour dans la nuit et l’érosion de la lumière. Elle avait besoin de noir. Elle se remémorait et convoquait ses fantômes. Sans lui, son monde s’était étréci. L’étrange faculté d’Hédda de se rouler en boule comme une rose de Jéricho et d’attendre la rosée. Max lui était consubstantiel. Elle goûtait le poids de sa croix, aussi lourde qu’une fin de nuit, Max échoué sur son flanc droit.
Nous sommes
En nuit
Et j’entends
Des oiseaux
Chanter.
Les jours
S’amenuisent
Maintenant,
Et l’hiver
Présente
Ses excuses
A l’été
Qui ne s’est
Pas enfui.