Papier mâché menu
Dans une poche dans le
Tambour de la machine à
Laver, un mouchoir
Dans une poche dans le
Tambour de la machine à
Laver, un mouchoir
Acarienne, tu ne
Me vois pas, tu ne m’entends
Pas, ne me parles
Ecoute-moi bien, Max
Tu m’as dégradée, tu m’as
Coupé les ailes. Vois.
L’air vibrait.
Suspension des souffles.
Des yeux qui se jaugeaient.
Et les mots vaches.
Les phrases lancées comme des haches.
Là où la chair était tendre.
Là où cela ferait mal.
Les mâchoires de Max.
Des os, des rasoirs qui craquaient.
« Eh bien, vas-y ! Vas-y ! »
Et il la poussa.
« Mais vas-y ! Montre ce que tu sais faire ! »
Un pas en arrière.
Hedda.
« Tu fais moins la fière, hein ? »
« Tu sais ce qui t’attend là haut ? »
« Qu’est-ce que tu crois ? Que tu vaux mieux que nous ? »
« Crashe-toi ! Et bon débarras ! »
Avant que la main ne parte, et ne trouve sa joue.
Hedda recula encore d’un pas.
Je suis de l’ordre
Des calcinés,
Ma soeur Jeanne,
Molay brûlé,
A vos pieds
Se consumant,
Les fagots
Des maux
Auxquels
Vous n’avez su
Renoncer.
L’amertume, écume
De la colère, la lie de
Mes emportements.
Ses dangereux va et vient entre elle et eux, Irène et René, à peine une soeur, elle ne parlait que le silence. Elle encaissait, elle était riche, une taulière du vide. Dehors, le bruit monotone d’une hélice emporta le « Crève » qu’elle lança. Elle haranguait le ciel.
On réputait Max inébranlable. Au sortir de son long tête à tête avec Irène, son visage hier encore de marbre n’était plus qu’un grès qu’avaient érodé le doute et les prémices de la culpabilité. La rouelle qu’il faisait porter à Hédda serait sa flétrissure, son injure intime.
« La conjuration
Des imbéciles », de Cioran,
Ses syllogismes.
Quand le barrage rompt,
Ses eaux charrient boues et os,
Las, se pacifient.