ce que vos yeux vairons

Catégorie: haiku

Carnet de bal

Esquisse d’un pas de

Pavane, lyre d’un vers à lire

En ces heures persanes.

Nuit tombante

Ma mémoire errante

Comme chat huant divague,

Entre chien et loup.

Figaro

L’hiver, son rasoir

Qui saigne les joues, les doigts,

Barbier roide de froid.

Diptyque

Le rouge-gorge

En vareuse garance,
Un petit piou-piou picore
Biscuits, pain de guerre.

« Sous les toits de Paris… »

Un petit moineau,
Aile ébréchée, un Poulbot,
Sifflote crânement.

Douleur dam

Quand le barrage rompt,

Ses eaux charrient boues et os,

Las, se pacifient.

La Jument

Jarrets lacérés

Par le Fromveur, seule et une,

Courage de la pierre.

La Souterraine

Ville-vieille fille

Vile vieille fille,

Sur le banc des esseulées,

Des guides répudiée.

Hammam

Moiteur qui fige

Les corps et les fond en une

Cire suintante.

A été

Sous le dais ombreux

Du platane, plomb du soleil

Et chapeau de paille

Un clochard

Crasse en tatouage,

Flétrissure de la misère,

Ses yeux, sans regard.