Stratus
Les nuages, à la
Dérive paresseusement,
Des cieux la banquise.
Les nuages, à la
Dérive paresseusement,
Des cieux la banquise.
Nos joues roussies par
Un soleil en perce et nos
Peaux ombrées s’échauffent.
La mer se retire
Et creuse le sable sous
Mes pieds qui vacillent.
En ma jachère,
Pousse, inattendu, un
Jardin sans cordeau.
Je lisse du bout des
Doigts sa douce échine en dos
D’âne, son plan-relief.
Bergère d’un troupeau
Immobile et chatoyant,
Lys, iris, lilas.
Ni mer ni mouette
Sur mes rivages, un moineau
Et une roselière.
Tweed marron mauve qui
Etend son tartan sur les
Tourbières en deuil.
Des lèvres gercées
Du sel de leurs pleurs s’élève
Un murmure. Ecoutez.
Neige rouge sang
Pour dernier linceul, le ciel
Pleure ses enfants.