ce que vos yeux vairons

Catégorie: hiver

Avis de tempête

Le vent fait grincer

Le mât des arbres et emmêle

Les branches encordées.

Irminsul

Pousser la porte

De la forêt, et entrer,

Ma maison des vents.

Le lai

Des lais de Marie de France

Lus à vingt ans,

Fadaises, contes pour enfants,

Je mesure à présent,

A l’aune du temps passé,

Me retournant,

Le sens profond

De celui

Qui me semblait alors

Le plus insignifiant.

Nécessité de l’hiver

Le froid qui sidère, stupéfie, ensevelit les couleurs, éteint les bruits.

Et annonce la grande attente.

Et quand les blancs gris d’un ciel bas cèdent comme glace qui craque au premier bleu ciel d’un aube naissante,

La douceur de l’air, le vert tendre du printemps ouvrent leur ombrelle,

Et retiennent leur souffle quand point à l’horizon l’annonciation, en mille battements d’aile, de la belle saison.

Chemin de halage

Janvier s’arc-boute,

La nuit à sa traîne,

Et avance, en mariée noire,

Jusqu’au point blafard

Du jour.

Comme neige au soleil

Les monarques

Drapent

Le ciel,

Constellent

Les nuages

De leurs ocelles,

Soie

De leurs ailes,

Pétales

Papillonnant

Dans le soir,

Essaim

Tournoyant,

Soulignant

D’un courant

D’air

Le contour

Brouillé

Du soleil

Couchant.

Remembrance

Garder tout

Toujours.

Lignes jaunies,

Pages écornées,

Gens enfuis

Que l’on a aimés.

Réseau Wodli

Outre-Rhin,

Le jour s’est tu,

Un matin de juin,

Quand le soc

De la lame

Sur votre nuque

S’est abattu.

Marcel S.

29-06-1943

Nuit tombante

Ma mémoire errante

Comme chat huant divague,

Entre chien et loup.

Figaro

L’hiver, son rasoir

Qui saigne les joues, les doigts,

Barbier roide de froid.