ce que vos yeux vairons

Catégorie: île

Quatre heures

Sous la pouzzolane,
L’albâtre, un petit pain,
Pompéi
Au rayon frais,
L’étrange gâteau-frère,
J’achète, le sister ship
Un tourteau rond
Et sa ponce souple,
Quelque chose,
Que le temps aurait
Oublié de dessécher

Mise en lumière, nuit

Il n’y eut pas
Au soir,
De ces ciels étoilés,
Que l’on ne trouve
Que dans les hauteurs, à l’air rare et limpide,
Nuit de Dalmatie,
Au champ de marguerites
En suspension au-dessus des têtes,
En Pentecôte,
Carreaux d’arbalète des Perséides,
Qui troublent un instant,
L’ordonnancement des fleurs.
Mais dans la douceur,
Une constellation inédite tombée
Sur terre,
L’assemblée des yeux brillants,
L’escarboucle
Des coeurs affleurant
Sous la peau
En transparence,
Le pulsar d’un point rose,
Bouton de nénuphar,
Palpitant,
Et le partage du vin,
Son or sur les lèvres,
Cerise sur les joues,
Vermeil

Lumière fossile

Enterré sous le sable, juste la tête qui dépasse, le soleil
Le soleil ne prend aucun coup de soleil, y-a-t-il plus soleil alentour ?
Autour de lui, la nuit, qui ne fait pas mal, ne fait pas luire
Sa tête couronnée, diadème de cuivre verdi, celui d’une statue, et de son sommeil de sel, fleurs de givre sur le sable, toutes les cinéraires que la lune fait pousser

Sister-ship, Schwarzwald

Entrer dans le bois
De tilleuls, s’ouvre le pan
Droit du retable

À rallonge

Un pull
Un pullover, étirer le mot jusqu’au brin ultime de sa laine
Un tricot, mikado sophistiqué des tresses, semblables aux roues dentées des montres à complication, avec le rêche des îles d’Aran, des teintes bises et lichen
Entre les points étourdissants, là se terrent parfois, entre les rangs serrés et uniformes, les brins noirs du tabac, l’humidité de la sueur, l’empreinte d’un bras
Sous le vêtement de cour, sans grand arroi, le derme de l’ouvrage, suaire intime d’un pershomme

Eaux vives

Se souvenir. Et
Du néant, au naos, la
Mémoire, plus chair, qu’os.

Au moindre relief

Du pain qui n’a pas levé, azyme et plat, un Pascuan couché

Désigné

Je lis. Un mot se détache,
Remonte le courant du
Texte, saumon ami

Le haut cahier, page 56

Les tendons, reliant de leurs lambeaux le passé au présent, devant moi, mon récif-t coral-lien, je ne passe pas la barre, je n’échappe pas à mon île.

« Parallaxe », les pas japonais

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