« Parallaxe », Nemo, depuis le hublot

Le printemps, je l’entends, je le flaire, deux notes du chant d’un oiseau, il se tait brusquement, lui sait que c’est l’hiver, l’odeur de bois mouillé et vert, fumigation de cheminée, je voudrais passer à grandes enjambées sur janvier, steeple sur février, atteindre hors d’haleine les premiers bourgeons d’argent du cognassier.
L’endroit, toujours le même.
Je tiens ma position.
Sur le chemin de ronde, une tour de guet, à tous les vents, rien ne vacille sur la ligne d’horizon.
La digue est une longue muraille qui ne défend rien d’autre qu’un étang et ses janissaires de roseau.
Alors je bascule vers le ciel et son ventre, la vie est là-haut.
Noire, légère, gris-ardoise, la vapeur des nuages.
Sur l’horizon, rien ne bouge.
Il a suffi de
La rocaille, le grès, le rauque
Du torrent, j’étais
Il pousse à Ystad
Des bambous qui s’entrechoquent.
Pour Kenneth Branagh.