La mauvaise herbe
On la dit
Folle,
Ses radicelles
Tissent
Leur toile,
Lui couper
L’herbe
Sous le pied.
On la dit
Folle,
Ses radicelles
Tissent
Leur toile,
Lui couper
L’herbe
Sous le pied.
Derrière les volets, un soleil impatient comme une jeune jument. Je m’ouvre à la journée, avec l’envie de m’enraciner, comme on plante un arbre. Qu’il porte longtemps des fruits dorés.
Les mimosas en
Grains d’or qui poudroient sur nos
Têtes blondissantes.
Soleil en poitrail,
Dos bleu de vitrail,
Une petite mésange,
Haubanée aux couleurs
Du printemps,
Boule ébouriffée
De Noël accrochant
Son chant aux ramures
Etonnées et nues
Du pommier en sommeil.
Herbes ni
Folles ni
Mauvaises,
Elles ne plaisent
Pas, ou au seul fol
Dont elles brûlent
Les doigts.
En ma jachère,
Pousse, inattendu, un
Jardin sans cordeau.
Zig-zag noir et or
Du merle qui strie l’air et
Se fend d’une trille.
Perle d’eau roulant
Sur la joue veloutée d’un
Pétale de pivoine.
Egarement du
Ciel semant sur l’eau une pâle
Etoile, un nuage.
Café qui fume et
Tourterelle à son pupitre,
Air léger, yeux clos.