Dort
Encore, et encore,
Sortilège de la porta
Nigra, tout en moi
Encore, et encore,
Sortilège de la porta
Nigra, tout en moi
Il aura suffi
Du goutte à goutte lent d’une
Valse, les mains fermées.
Les peaux bleutées du
Ciel l’été, mains d’hiver,
Doigts bleuets de froid.
Les ailes du bateau
Comme un papillon posé
Sur l’eau, herbe en mer.
Un potier tourne
Sans fin sa vis, une coquille
De colimaçon.
Patines du lichen
Sur les rochers, vert-de-gris
Aux lèvres d’une pierre.
Ici, des surcroîts d’air et d’eau.
La maison.
Les reins lourds de ses murs.
La chair noire de son granite.
A la lutte avec le fouet de la pluie qui cingle.
Hedda.
Ses ivresses de tempête.
De terre qui gronde.
De mer en assaut.
Moussant son écume de rage sur les falaises.
Et le vent
L’ordonnateur de tous ces déchaînements.
Un volcan.
Et la lave froide du gros temps.
Hedda courut contre le vent.
Et s’y incorpora.
Comme un pénitent,
Scarifiant
De la haute pointe
De sa mitre
Le cuir
Bleu pâle
D’un ciel
Convalescent.
Elle se souvint d’une ancienne leçon de mathématiques qui l’avait laissée inquiète. Les ensembles qui se confondaient, ces vides que rien ne comblait, ces ronds avec lesquels personne ne jonglait, cette langue sans alphabet. Elle ne comprenait rien à ces communautés de ballons, elle craignait ces leçons qui la désignaient comme l’étrangère.
Elle aurait eu une maîtresse qui aimait la poésie de la mer, elle aurait compris sans peine que pour faire un phare, il fallait une terre, de l’eau, du feu et des vents capricieux.
Un phare, aiguille de
Pierre, monastère d’une mer dont
Je suis le seul frère.