ce que vos yeux vairons

Catégorie: l’air doux d’avril

Montrer sa patte blanche gauche

Comme tout un chacun,
Tu as reçu, a long time
Ago, ta carte à
Jouer.
Fendue par le milieu,
Comme ce billet de banque
Vert,
Tu en as une moitié,
Moi, l’autre,
Que sortent
De dessous
Leur pardessus,
Deux espions,
Qui ne savent
Rien de l’autre,
Et tentent le tout
Pour le tout
« Chi-fou-mi »,

Conte, du plomb dans l’aile

Nuage rouge, sur ciel
Beurre frais. La pomme, mordue
Au sang. Gingivite.
(Une dent se déchausse,
La petite souris
Trottine difficilement,
Le poids des ans,
De la pièce de monnaie,
À glisser sous l’oreiller
De plumes
De la vieille infante.
Ronflements)

Trois maquettes

Désert ordonné
En un chaos. J’ai ôté
Les épinettes.

Vois, la tour du haut
Château, sur la brume,
Des traces de pas,
Comte de Télek.

Le pierrier pourrait
Tout aussi bien
Trouver son granite
Rouillé dans une boîte
De Blonvilliers.

Carré, le grès blanc
Au cordeau, alignement
Des ombres,
Forêt Noire,
Erstein

Poème, universel donneur

« Laissez-moi passer,
Je suis médecin »
Ainsi, se fraie
En ton sein
Ce fragment de phrase,
Qui ne semble s’adresser
Qu’à toi,
Ainsi que la troublante
Anamorphose, qui fait mine
De te suivre du regard,
Dans la foule
Huile d’un tableau,
Onguent sur un coup
Au coeur

Les choses dans l’ordre, poème

L’abeille peint toujours
La même icône, élever
Sans cesse la même
Cellule de papier

Freude

Du haut des gratte-ciels,
Arc de triomphe des astronautes,
La fin des guerres,
Des millions d’écus noirs et blancs,
Des liasses de papier journal
Effilées en serpentins,
En torrent sur les têtes en liesse,
Y aura-t-il des fanfares,
Des écureuils saouls
De donuts,
À Central Park,
Dans les cendres chaudes,
Départ d’un feu,
Des soleils qui tourbillonnent
Dans le soir,
Haendel

Jardin clos

Bruissement
Des bulles d’air dans le
Radiateur, qui te transportent,
L’eau de la fontaine,
Dans un patio,
Pruine de l’eau
Sur un pétale, la perle roule
Dans sa loupe, une goutte d’or,
Soleil

Femme en son foyer

Laver la machine
À laver, le linge est noir
De ses boues, ouvrir
Le tambour.
Choix du cycle

Pluie, en points de suspension

Dans l’ambre blanc du
Biot, l’odeur de l’air du temps,
Dans le vide de
L’ampoule

Ami

Il y a ce cil
De synapse en remorque
Un jour, quelqu’un s’y
Amarre
Et tu ne coupes pas
L’élingue
Un oiseau se pose
Sur le fil,
Son poids en carats