ce que vos yeux vairons

Catégorie: l’air doux d’avril

Que fais-tu ?

Je télégraphe
Chappe. Les messages, brouillés
Le bras gauche met tout
À l’impératif
Éclairs, zigzags de z, ordre
Et contrordre
L’idiome d’un homme de
Paille au milieu d’un champ d’avoine,
La brise

Le temps de la sieste

L’après-midi, un
Bernard-l’hermite, a trouvé
Refuge dans le
Cadran d’une montre
Arrêtée

Les petites maisonnettes

À Cayeux-sur-Mer,
Sur la plage, une rangée de
Crayons de couleur

Tachymètre

J’ai voulu de toutes
Mes forces pointer l’aiguille du
Compteur vers le Nord
On ne refait pas la guerre, dirait Walter
Le cénotaphe
Se remplit de terre et d’os
Tu rembobines
La clepsydre

Eigelb

Soleil sur les eaux
Murs de grès, que tamise
La lumière, sable

Le verre à moitié

Confiture d’orange
Amère, bocal Le Parfait,
Scellé à double
Tour. Dessous, du beurre
Doux, baskets New Balance, l’herbe
En uniforme, verte

Chez le teinturier

L’année dernière,
J’ai laissé les mousses croître
En un tartan vert,
Entre les pavés.
J’en ignorais tout du
Clan, sauf que l’hiver, carre
Maladroite sur
Les pierres givrées,
Les mousses se dérobèrent
Sous mon pied, et sur
Mon manteau décalquèrent,
Comme une tablature
Veronese, sur
Un papier trempé

Atout

Toutes les nuits, il
Me semble que le pavage
Autour de la
Maison étend son
Infini, ainsi que son
Quadrillage vert,
Composite d’herbes,
Sisyphe, j’en ai plein le dos,
La hargne, que je
M’acharne, au fur et
À mesure à
Arracher,
Mano a mano.
Sur l’internet,
J’ai trouvé, avec son jeu
De disques durs et doux
Une roulette
Électrique. Il peut
Faire nuit aussi longtemps qu’il
Voudra. Mais demain,
Un coup de rouleau
Sur le pare-brise, en cinq-sept,
La place sera
Nette

Une maille

Pour caresser un
Papillon, tisser une
Bulle de savon.
Ploc ! De l’ongle, le
Désencager

Vase, blanc, bleu

Piqué, boutonnière
Au revers, à la surface
De l’eau, nénuphar