ce que vos yeux vairons

Catégorie: l’air doux d’avril

Des îles sous le vent

Tant, sans traits, derrière
Le barreaudage de leur
Drap bleu. Tu couds le
Tien au point de jour,
Respirer, et voir,
Judas, fil de vers.
Tu ne manques pas d’air
D’oser dire cela

La Vie Auchan

J’avais un caddy
Devant moi, un Chibani
Six pieds de tomate

Cheval de bois

J’avais fait de toi
Mon étendard, étendoir
À linge sale, piètre
Drapeau de pirate,
Avec ses os de travers,
Sa tête de mort,
Sa tête qui mord,
Comment se dissimuler
Derrière un bras si
Mince, l’autre épaule, celle
D’un lutteur de foire, celle du
Gros profil, walk like
An Egyptian,
Cacher ce clocher tors que
Je ne saurais voir,
L’empêcheur,
L’imposture

Tortue-luth

Robe plombée, pour
Que le vent n’y joue, rivière
De diamants, ourlet
Des doublures, penser
Protéger les viscères d’un
Pare-balle de cailloux

Dumm-dumm

Vanité de celle
Qui dit, ne touche pas à
Une virgule de ma
Pierre impolie

Trois arbres et le Manitou

Le quetschier, qui fut
Déraciné, tremblotant
Dans le godet de
La pelleteuse,
Laisser faire, poser
Les longrines du
Garage
Le mirabellier,
En fleurs le premier, fragile,
Du verre blanc, cassant
Le cognassier
Arrive en dernier, pommes
D’acier pailleté
Laisser faire Walter

Terre à terre

J’ai rêvé, harpie,
Quelqu’un, sans lui dire qui
J’étais, vent, avec
Des dents.
C’est la vie, dirait
Walter

Frühstück

Café, jus d’orange
Comme manger un Pim’s en son
État liquide

Les fondations

Elle passe, jusqu’à la
Pierre, patiemment, la mérule
Tu pourras poser
Une étagère
Avec des bocaux de verre
Tout contre le mur,
Elle passera
Dos aux briques rouges,
Elle emporte tes visages,
Suc des bas instincts,
Elle avance, avec
Toi au bout de sa lance
Spongieuse, la mérule
Laisse partir ton corps
Mou, sans lutte, les pores de
Ta peau, son tamis
Un rosé des prés

Le chien de Pavlov

Quand est-ce qu’on arrive
C’est où, la mer

Sifflement de rhombes
Les vagues contre la vitre
Le vent, ventriloque