L.E.M., module 1
Vous écrire.
Comment dire.
C’est un peu comme contempler fra Mauro, en se disant que l’on ne pourra pas alunir.
Mais revenir.
L’étang est une lune.
Tracer sur ses berges, des cercles concentriques.
Voilà qui m’importe.
Vous écrire.
Comment dire.
C’est un peu comme contempler fra Mauro, en se disant que l’on ne pourra pas alunir.
Mais revenir.
L’étang est une lune.
Tracer sur ses berges, des cercles concentriques.
Voilà qui m’importe.
Un cygne, en majesté.
Sous l’eau, son reflet, comme une quille, un bout d’étambot.
L’heure, paresseuse.
Un pêcheur somnole, à l’ombre blanche du calicot de son parasol.
L’étang lui appartient, je ne suis qu’un promeneur.
L’étang, ce matin, un Turner de brumes, étincelant, d’or, le soleil, et l’argent, le soleil s’assombrissant, une merveille, je retiens mon souffle, le plus longtemps possible, mon apnée. Je voudrais que rien ne bouge, et mes poumons brûlent. L’enchantement prend fin, l’expiration de mon pari fou.
Je reviendrai.
Demain.
Bientôt.
Ici, chez moi.
Où les toits sont épaule à épaule.
Où aucun ne risque une tuile plus haut que l’autre.
Où les rues déroulent leurs rubans plats, rien ne dépasse.
Il y a.
Formidables.
L’un à l’est, l’autre à l’ouest.
Deux phares gigantesques, qui dressent leurs épais fûts de bois loin par-dessus tout ça.
Deux gardiens de sépultures, cimetière juif, cimetière chrétien, et les branches de ces vénérables, où se mêlent indifféremment, les accents du chant des oiseaux.
Se faire saunier.
Recueillir la fleur, ce qui affleure, l’eau avec le passé, évaporés, ne reste qu’hier, son sel léger. Le bonheur, un bonbon qui fond sous la langue.
Hier, verte encore, la page blanche de la prairie, et aujourd’hui, en explosion, oh! jaunes, les onomatopées des primevères.