Ingrain
Des grains de nuage
Qui bossellent le ciel
Comme un papier de riz.
Des grains de nuage
Qui bossellent le ciel
Comme un papier de riz.
Un Pilot au bout
Des doigts, carlingue à carreaux,
Sur les toits du ciel.
J’ai noué à un nuage une ficelle mais on ne s’attache pas le ciel.
Son prénom, imprononcé. Pour lui, elle avait été elle, ou vous. Max n’appelait pas autrement les gens.
Là haut en vigie, Hedda attendit. Ici, il n’y avait de mer qu’une houle de sapins noirs et verts. On ne pouvait se jeter à l’eau, ni par jeu, ni par désespoir. On avait l’alcool pour se noyer, la cigarette pour se griser. Et des avions dans un hangar pour oublier.
L’essaim silencieux
Des étoiles, pâle rehaut
Qui perle sur la nuit.
Endimanché d’un
Bourdon chamarré, robe
Légère d’une fidèle.
Max avait posé depuis longtemps les limites de l’enfer d’Hedda. Le lasso du silence l’avait isolée comme on sépare une bête du reste du troupeau. Il avait creusé des douves profondes autour d’elle, un bannissement cruel. Il se taisait, inflexible, il donnait la punition. Il n’acceptait pas qu’Hedda ne fût pas du même bronze que lui, il était entier. Elle n’était qu’une somme de demies. Il n’avait pas compris qu’elle n’était pas une ligne droite.
Le souvenir, une
Badine qui cingle le dos,
Carroyage des peaux.
Un petit point
Mouvant
Dans le ciel,
Qui hale
Comme on traîne,
Les voiles blancs
D’une trahison.
Le soir ces jours là fut d’un marbre noir. Et l’ivoire des étoiles qui en mitait la surface. Le ciel silencieux ne se troublait qu’à l’angélus. Hédda attendait à l’orée de la nuit.