Le haut cahier, page 50
Il ne vient plus personne, ici.
Sur la table, le soliflore.
Une hampe d’origan, le bouton d’un papillon sur sa sommité.
Il vient de se poser.
Il ne vient plus personne, ici.
Sur la table, le soliflore.
Une hampe d’origan, le bouton d’un papillon sur sa sommité.
Il vient de se poser.
Le billot joue, ses épaules se jouent des ficelles, colliers de noyaux dénoués, il a découvert la portière, et ses cailloux de pêche, qui bée, l’été, sur le jardin, il s’enroule autour des rameaux mouvant sous le vent, comme on se scelle, Carlos Gardel, autour du buste-liane d’une danseuse de tango.
La nuit, et son drap épais.
Posé sur la canopée, comme sur la cage d’un oiseau.
La forêt se tait.
Et quand, bientôt, le soleil soulèvera un coin du voile, tomberont les oeillères, les baillons.
La vie.
Au premier rayon, le merle-muezzin, le moment incertain, le jour en bourgeon.
Et le ciel bleuit, un nuage gris.
Un à un se scellent, carreaux, Azulejos, le ciel.
Un grain de peau, terre,
Gris-beige, bris grèges,
Son sommeil. Angkor.

Jpeg
La nuit, quand je ne vois pas, les frontières de mon pays, un décimètre, un fil, de mes cils, jusqu’au bout des mes doigts. Et quand au matin, à force de coups d’oeil, la persienne se troue, et laisse passer le marc du soleil, mon pays pousse et grandit, jusqu’aux confins, où se porte mon regard, un coin de jardin, et là-bas, quand se courbe l’horizon, quand je ne distingue plus rien, il n’y a plus de pays. On n’enferme pas les nuages.