« Siehst du, Laura », dit
Maman, mémoire olfactive
Tiré d’un film à
L’eau de rose, wer weiß
Prénom de Maman
La mode, à l’époque
Allemande
On change de langue
Comme de chemise
Ce jour-là, ma mère
Ne devait pas être à prendre
Avec des pincettes
Penchée au- dessus
D’un fossé vert, Maman me
Tient le front. On sort
De l’air. Baptisée
Bien plus tard, la Vomito
Car. La GS
Regard husky, l’oeil
Immensément dilaté,
Une planète bleue
Une baie, prunelle
Immense le ciel, l’iris
D’or est le soleil
Parents, ni poètes,
Ni oiseaux, arbres-boutants,
Substance des mots
Le lent processus, de la gelée si sombre, qu’elle semble sang de groseilles, revenir en arrière, les doigts de ma mère, sur les fruits en cabosse, ses doigts qui s’ampoulent, à force, les fruits, aussi durs que des raves, et la bassine, qui bouillonne, dans la cuisine, une vapeur rose, sur ses joues, rosée de l’effort.
Une portée, des lignes bleues, le vieux cahier, les premiers mots, ceux d’il y a très longtemps, il y a prescription, je peux dire maintenant autrefois; a, des a, toute une famille de ronds maladroits, et la main de Maman, douce sur mon poignet qui apprenait, qui ne savait pas.