Papa Tango
Hédda ? Talons blessés.
Max ? Envoie toujours tout valser.
Hédda ? Talons blessés.
Max ? Envoie toujours tout valser.
Max était un cavalier des noirs, un enfant de l’absence des lumières, d’un automne qui pactisait déjà avec l’hiver. Son ciel, couleur de plomb, le soleil, un tube de néon. Il s’était hissé bien au delà ensuite. Sa revanche sur les gris, les pluies, son adoubement par les nuages. Là haut, il ne faisait pas nuit.
Hedda bassina ses pieds dans l’herbe froide du matin. Par une porte poussée coulaient sur le jardin de minces rus qui charriaient les sons, les odeurs, les clartés étouffées du grand salon. Hedda attendit la pluie, et que cessât la rumeur. Le jour gagnait sur sa nuit.
Noé, capitaine
De son arche, une caravelle,
Guppy et gazelle.
Je tends la main pour
Mon obole, l’aube me jette
Des grains de sommeil.
Comme les fers timides du passé qui s’accrochaient sans bruit à la cheville d’Hedda. Les petites vignettes crénelées qui parlaient du désert en un centimètre carré. Des Alaskans et des sables du Gobi, de la croisière jaune et de la cloche tibétaine. Ecrire n’était plus de mise, et la mode n’était plus à la dentelle, les gommettes avaient perdu leurs dents, comme les enfants qu’ils n’étaient plus.
Et pourtant.
L’essaim silencieux
Des étoiles, pâle rehaut
Qui perle sur la nuit.
« Dessine moi un nuage », dit l’avion au petit mouton.
L’ardoise noire
Des nuages, lourde lauze
Sur la nuque du ciel.
Baptistère
A ciel
Ouvert,
Le chrême
D’un bleu
Clair
Au front
Posé
Par un prêtre
Qui n’a d’autre
Religion
Que le ciel,
Et de fidèles
les nuages.