ce que vos yeux vairons

Catégorie: mer

Rivage

Lame d’obsidienne
Franges d’un tapis, des brins
D’écume. Une vague
Débitée sous la
Lune

La nuit, oasis

La mer rentre au port
La plage, petite enfant, joue
Ses croissants de dune

Miroir réfléchissant

Au tréfonds de l’eau,
Où pénètre le soleil,
À peine une granule
D’homéopathie,
Une particule or
Sur fond de fumerolles
Noires,
Sous ces tropiques
Profonds,
Un doublon en suspension,
Un poisson dort
Immobile, lanterne
Sur le front, veilleuse
Au chevet d’un enfant,
Étoile blanche
Sur le chanfrein
D’un cheval
La nuit, ici,
A plongé,
Un lumignon,
Et le ciel,
La Voie Lactée,
Au goutte à goutte,
L’été

Dans le ventre

Ce que l’on garde
Sous l’eau, anaérobie,
Ou branchies, museau
Doux des lamentins,
Qui paissent, dans le carré des
Laitues de mer,
Et les rayons du
Soleil, que la surface
Forge jusqu’à l’oblique,
Et rebondissent
Tout remonte. Bulle d’air,
Qui roule, sur le jet d’eau d’un
Évent, seul fétu
De Jonas, ombre derrière
Les canisses des fanons

Pêcheur de perle

Il jette un oeil sur le
Fond, et plonge, captivé
Par la nacre

Le temps de la sieste

L’après-midi, un
Bernard-l’hermite, a trouvé
Refuge dans le
Cadran d’une montre
Arrêtée

Grande bleue, rouge ardent

La baleine halète
Sur la grille de ses fanons,
Du krill grille. Charbon

De rose et de sel

La mer s’évapore
Dans une flaque. Sur ses os si
Fins pousse un jardin

Sur l’eau

Hommes en bouchon, qui
Écrêtent les vagues, algues
Laminaires, bruns, noirs

Mer de la tranquillité

Barrière de corail
Rouge, posidonie kaki,
Hommes, chair à poisson