Kitège
La ville, sous les flots
Roi mérou et reine murène,
En leur palazzo
Brume de cent ans sur
Le loch, rôde l’amour, le
Jour, sur Brigadoon
La ville, sous les flots
Roi mérou et reine murène,
En leur palazzo
Brume de cent ans sur
Le loch, rôde l’amour, le
Jour, sur Brigadoon
Moduler le jeu
De l’eau qui cascatelle dans
L’évier en métal
Peindre un corbeau en
Blanc, nouvel appeau dans les
Dents, vois, là, une mouette
La noyée
Le vent joue de la
Harpe dans ses fanons, une mouette
Sur son dos, pique-boeuf
Un papier, dans le
Caniveau à sec, la pluie
Et il naît bateau
Sur une bouée à
Balancier, corne de brume,
Je me suis posée
Sitôt que la mer
Ne fait plus de vagues, sous mes
Pieds s’élève un cairn
Marée montante
Des fleurs sur les pierres, laisse
De mer, chrysanthèmes
Posés sur la laisse,
Deux cubes en galet que la
Mer a peaufinés
Loin, le perron. La maison est un point gris
Sur une ligne bleuissante, la mer en horizon,
Ou sont-ce déjà les nuages, l’ombilic de l’allée,
Dans l’ombre des arbres-à-noix, je t’en conjure,
Ne prononce pas le mot, une vague venue de nulle part
Pourrait t’emporter, nourrir sa vouivre.
Ici, l’entrée, la terre, plus tout à fait, le divan de pierre
En demi-lune, et sa fontaine arrêtée, des flots de lierre,
Sur l’assise usée, j’attends, dans mon flacon de verre,
Une goélette de papier, des embruns de coton,
Des cris de mouette, qui fuient par le goulot,
Un parchemin réduit à sa plus simple expression, mon truchement,
Poésie-Jivaro, écoute, c’est tout petit
Sur le divan de pierre, assise, j’attends
Dans la pile, choisis
Une belle ammonite, ton doigt
Sur les stries. Ecoute