Homme et rabane

La mer est venue,
Jusque dans la forêt. À
Quai, un steamer fume
Rouge/cyan
Le soleil qui au couchant dans la mer
Périclite, brasille
Le long lacet de
La laisse de mer, marie-
louise d’algues brunes
Je fus sur une île, est-ce cela, une île,
Si encombrée, qu’il me vint vîlle, chose imprononcée,
Aux lèvres, les gens, les Jean, et Jeanne, et j’en
Fus une, l’île allait couler, il eût suffi
Pour cela, d’un Jean surnuméraire, d’un pied butant
Sur une pierre-bonde, et la baignoire de se vider
De son eau, et de ses hommes-mousse
Je fus sur une île si lourde de nous tous,
Que je l’entendis bêler, comme un mouton jeté
Dans un bain à déparasiter.
Puis l’île se tut, rendue à son sort, vint son havre, la nuit,
Les Jean et Jeanne, repus d’elle, revenus au port, se sont endormis.
Je dors, bloom de la neige.
D’un limes, à l’autre, lisière de la forêt,
Grève-frontière du rivage, avant la mer.
Et tout ce vert contenu, entre ces deux pôles.
Jacadi a dit « arbre ». En esprit je dis
Mousse, sapin, tilleul, l’émeraude de l’eau,
L’océan, dont les vagues sombres cassent et moussent,
Dissolvent son indigo dans la tempête.
S’étire mon pays, territoire au grand écart,
Je rêve, un fil rouge vert les réunit, recolle
La morcelée, celle au réveil que je suis,
Orpheline, de l’une et de l’une, ni terre, ni mer.
La nuit est finie, et tout se recontracte
Le film est colorisé
À une lettre près, on pourrait dire qu’il est colonisé par la couleur
Colorié
Comme le cahier de dessins d’un enfant appliqué, rien ne dépasse, rien ne bave, les blancs, leurs ombres noires se remplissent de gros aplats de gouache, les uniformes verdissent, les pommettes rosissent, des étoiles de mer rougissent à la place du coeur, et des branches de corail moussent à la commissure des bouches
C’était le printemps, il y a la mer, son primaire bleu
Une feuille est tombée,
Lourde, le robuste esquif de
L’amaryllis vogue