Rapt
Lentement prise, l’eau
Fige son pas, et la glace
Etend son empire.
Lentement prise, l’eau
Fige son pas, et la glace
Etend son empire.
La vague. Je règle
Mon pas sur le sien. Je marche
Sur son coeur qui bat.
Un oiseau blanc sur
Mon sommeil étend ses ailes
Édredon de plumes.
Sous un soleil las,
Un arbre gris étend là
Son linge de feuilles.
Ici, sans la consolation de la mer, sans le chant de berce des vagues, sans l’horizon et noir, et bleu et vert, seule s’étend une algue de glaise, lourde à se mouvoir sous le vent.
L’étrave
Ecumante
Du poitrail
Des chevaux
Eventre
Les flots
Qui bouillonnent,
Fracassés
Par le
Pilon
En mitraille
Des sabots.
Bronze
Pourrissant
Des coings
Qui gisent
Comme
Flotille
D’épaves
Rouillées
Au pied
Lépreux
Du cognassier.
Marée basse, l’estran
Se pave de tesselles de
Nacre et de mica.
La mer se retire
Et creuse le sable sous
Mes pieds qui vacillent.
Ni mer ni mouette
Sur mes rivages, un moineau
Et une roselière.