ce que vos yeux vairons

Catégorie: mer

Vancouver

Un étendard, une

Bannière qui flotte au vent sur

Mes champs de bataille.

Galuchat

Aux déferlantes

Opposer le déperlant

D’une peau de requin.

Dans le grand bain

Navigation en

Solitaire, silence, ciment

De l’ensemble vide.

Abordage

Choisir l’heure la plus

Enfouie, dans le ventre de

La nuit, écouter.

« Message in a bottle »

Petit libelle en

Une bouteille jetée à l’eau,

Vaisseau de verre bleu.

Avis de tempête

Le vent fait grincer

Le mât des arbres et emmêle

Les branches encordées.

Méconnaissance du code Rousseau

Robinson, sur son île,

Tourne en rond,

Rate les sorties

D’autoroute

Avec une conscience

Métronomique.

Hèle les cargos,

Les jonques,

Les caïques,

Mais le cabotage

N’est pas de mise

Sous les Tropiques.

« Nous voilà repartis pour deux ans de vacances, mon bon Vendredi »

« Tout cela est bien triste » fit sentencieux, son philosophe compagnon.

« Ne crache pas dans la soupe, tu as le doigt dans le pot de confiture. »

Ni ressac, ni Aronnax

J’ai ouvert

Ma fenêtre

Sur le puisard

De la nuit,

J’ai entendu

Le vent,

La pluie,

Et j’ai attendu

La mer.

Contrepoing

Combien de fois

Sa remorque tranquille,

Tendue

Sans rompre

Jamais,

A cinglé

Par ses gros temps,

S’amarrant sur le pas

D’une herse

De fonds

Hauts

Et coupants,

Pour ramener au port,

Le gisant

Echoué

D’une barque,

Membrure

Arrachée.

Fata Morgana

La nuit, elle erre sous ses paupières.

Au matin, ses pas sur son visage, grève de son chagrin.