First we take Manhattan
Traverser à pieds
Secs le temps d’une chanson
Curry unter den
Linden, pastrami dans la
Forêt de béton
Traverser à pieds
Secs le temps d’une chanson
Curry unter den
Linden, pastrami dans la
Forêt de béton
L’autoroute qui coupe
Le rail de Bertin en deux
On dirait Berlin
Ne me relève
Pas, je veux tomber encore
Le coeur rebondit
Sur les dos-d’âne,
Comme lorsqu’on était petit
Cri, l’apesanteur
Enfants. Lignes qui tournent
En rond le long du rebord
De l’assiette, blé tendre
Minuscules runes du vermicelle
Fabriquer une anche
Un peigne, aux dents fines, un papier de soie
Mon frère subtilise une feuille de Rizla Croix dans le carnet de notre grand-père
Le dispositif vibre entre nos lèvres, nous bourdonnons comme des mouches, éclats de rire
Parents, ni poètes,
Ni oiseaux, arbres-boutants,
Substance des mots
Dans la cour, sous la treille aux raisins acides, un baquet en zinc, qui chauffe tout l’après-midi, un fond marin de fer blanc, où miroite le soleil, et des ombres de feuille de vigne, le corail noir d’une ou deux mouches, ma grand-mère ne va pas tarder à arriver, pour nous mettre à l’eau, mon frère et moi, dans le baquet étroit, j’entends son pas, je ne la vois pas, sur la photo aux bords dentelés, elle doit avoir été happée là, dans ce no man’s land en noir et blanc, sous ma langue, une boule verte, acide comme de la rhubarbe, que le temps n’a pas adoucie, je fais la grimace.
Pour un sloop, une caravelle, prendre un clavelin.
Pour une barque, un sous-marin, un flacon de vin du Rhin.
Boire, on n’a rien sans rien.
Coucher la bouteille sur le flanc.
Faire un lit de lie.
L’imiter, si l’on est fatigué.
Puis laisser faire la nuit, ses levains, et au matin, coquille de noix, Manureva, un esquif, trois bouts de bois, amarrés.
Le voir, pour le croire.