ce que vos yeux vairons

Catégorie: nature morte

Grande lessive

Morceau de savon
Au lavoir mots en coton,
Eau grise des phrases.

Le montreur d’os

Toute pudeur bue, couennes corrompues, mes chers lambeaux, à leurs crocs suspendus.

Plan en coupe

Les pétéchies

De l’orange sanguine,

Son jus rosat

Sur la table de la cuisine.

Direction d’orchestre

Silencieux concile

Où il ne se murmure

Rien, les prélats

Immobiles, gris

En la pourpre

De leur chasuble,

Chapitre muet

Qui fixe

Du vide

De ses yeux

Un pupitre

Déserté.

Le stylite

Siméon, incongru,

Juché en vigie

Sur son rocher,

Scrute

Le désert vide

De la plaine.

Un bateau-phare.

Nature morte à l’hellébore

La porcelaine à peine rosée de son calice

Effleure, penchée, les perles sanguines

De la grenade, ouverte comme conque

Sur l’irisé de sa nacre.