ce que vos yeux vairons

Catégorie: Non classé

24/06/2024, heureusement Jeeves

Pourquoi m’as-
Tu laissé monter
À Filles du Calvaire
Tu sais que le train roulerait roulerait
Avec mes menottes
Mon scaphandre sans narguilé
Ma tour d’ivoire embastillée
La foule dans mes pattes et le goût du désert
Au désert à la bonne heure toujours
Le vendeur d’eau, celui de gâteau
Ouvrent leur éventaire
L’un sait que je passe
L’autre que je vais avoir soif
Puis ils baissent le rideau
Tout ça tu le sais tu sais tout
Je pourrais te cogner comme un mur
Parle !
Et là trois traits une serrure tu montes une porte
Tu sais tout faire
Mais les finitions ?
La poignée ?
Je veux sortir de la cour de la clameur casser les sonneries
Qui donnent l’heure mais pas l’heur
Pourquoi ne me suis-je pas cassé une patte sur la neige ce jour de décembre et suis-je allée docile mouton plancher ?
Le voyage est long et je suis un bibendum oignon qui perd ses couches, le saint frusquin par la fenêtre
Je vais être nue comme un ver
Et je me demande
Est-ce là le terminus
Ou le début du voyage
Tu dis rotonde

24/06/2024

23/06/2024

23/06/2024, La couleur de la grenade, Sayat Nova. Paradjanov

23/06/2024, cannelloni bigoudis, brême d’or

23/06/2024, journal

Dans la chambre d’à côté dort l’œuf de cent ans
Le lit à la tête de bois sculpté de grenades mûres
On en voit les grains par une crevée
La vacuité creusée dans le chêne
Il en manque un, comme une dent
Sur le devant de la bouche
Qui a sauté,
Un coup de fusil.
Un ver luisant y a fait son trou,
C’était la guerre,
Il y a longtemps.
Sanctuaire
Est le passage protégé
Sa kyrielle bigarrée
Cosmopolite
Va passer,
Les piétons à pied sec
En haies ruisselant les flots sont dressés
1933
Vas-y Éblé, saute à l’eau
Glacée
Noue les nœuds du delta de ton cou de Titan
Jette les madriers
Les traverses de chemins de fer au bitume
Suspends les os de verre du bois flotté
Le placage du bois de merise,
La solidité
Les eaux tièdes la Mutterbach
Lèchent à peine
Les doigts de ton pied,
Pontonnier, tu en as vu d’autre
Il gèle à pierre fendre en février
Pépé prend Mémé par la main
Le Schleuh à demi et la Macaroni
Se marient
Le tailleur de Pierre venu d’Italie
Pose sur le linteau de la porte d’entrée
La clef de voûte
Et l’entrelacs sans rinceaux
Clairs comme de l’eau de roche
M et T,
Deux lettres,
Avec cachet,
Et la date faisant foi.
Les années grasses,
Kranz et pastaciutta
Pas de quoi en faire une dizaine
Au chapelet,
Quelques grains de buis
Qu’écosse le doigt,
Et celles de la dispersion
À la guerre comme à la guerre
Le Nord, pour ceux de la fosse
Il faut creuser la terre, sa truffe, c’est le charbon
Et Glück auf, comment on dit ça en polonais ou en français
Éblé, jette-leur un dictionnaire
Ils s’emmêlent
La règle de fer du Gauleiter sur les doigts des écoliers
Une page blanche à l’encre rouge si tu parles la langue de Voltaire,
La main à la peau tendre tendue, côté os, craque
Et l’hiver, les pierres se fendent
Les rues du quatre décembre fleurissent
C’est Carnaval et danses macabres et madécasses 44
Papa pleure
Son petit ballon orange crève à ses pieds et poisse
La colonne bruyante qui traverse le village
Lance des météores
Les vergers de Floride se déversent
Les petits l’attaquent par le zeste et crachent et grimacent,
Le médicament, le chocolat,
Des puits sortent les réfractaires,
Zombies, les Tambow,
Sous le bras, saint Denis
Le grand-oncle Marcel promène sa tête
La coupure est nette,
Prison de Stuttgart
Du mauvais côté du mois de juin,
Le vingt-neuf de quarante-trois.
Un beau matin cette guerre a disparu
Et je passe le Rhin,
Le chiffon à poussière sur l’encoche où veille le ver luisant
Est luciole au tabernacle,
Vers l’autre versant de la sapinière.
Ici on l’appelle Forêt Noire
Chez nous, c’est exactement pareil
Un arbre est un arbre

22/06/2024

22/06/2024

22/06/2024, oiseaux

22/06/2024, manège