Tu peignes
Les buissons
Des doigts,
À moitié interdit,
Tu prends une baie
De genièvre
Pour une myrtille claire
De pruine,
Tu te méprends,
Le buisson te condamne
Si peu,
Te tanne un peu
La bouche,
Assèche
Tes dents,
Rien de la violence
Du bleu de Prusse,
Tu vas,
Les mains
Dans la poche,
Bénin.
Ce n’est qu’une question De temps De soleil Qui sort de son mutisme, Nuit. Et luit en rubans Tressé de fleurs L’arc-en-ciel De verre, Bruine en couronne Plumes, Feuilles, Bec aux pétales D’un oiseau de paradis
Santiago
S’endort
Sur les journaux
Qui racontent le monde
La dévoration de son poisson de rêve
La pêche au lion sur la plage,
La faim est là.
La salade de chou,
Le pain tranché,
Je mange.
Alimenter le foyer
Pousser les murs
Changer la taille des chaussures
Lui faire de la place
Les coutures craquent
Extension du corps avec terrasse
Allumer la lanterne
Le soleil sort
Couleur de luciole
Est-ce la Terre qui bouge,
Ou lui qui tournoie,
Rien n’est à sa place,
Dans un nuage de poussière
Le coeur bondit
Hors de sa boîte,
Que disent les calendriers,
Les oracles,
Les faiseurs de miracles,
Les gardiens des aiguilles
De la montre,
Le printemps
Semé
Fait loi,
L’automne
Tresse des couronnes
De fleurs des champs
Qu’on ne voit éclore
Qu’au printemps,
Le lapin blanc
Qui passe par là,
Parole en grain de sel,
« Attends ! »
Bondit hors champs,
Grignote
Adossé au cadre de bois,
Un brin d’herbe,
Je le pousse du doigt,
Sa fourrure tiède, Dürer,
« Prends ton temps »