ce que vos yeux vairons

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Une bénédiction

Combien avons-nous été
À noter, revenus du
Passé assourdi
Ces Trumpet Voluntary ?
Celle qui écrit,
Diariste,
Quelques servants
Ciboire terni,
Poussière immobile, ou
Baume de l’antiquaire,
Patine de la pieuvre
Triste
Au menton qui a tremblé,
Remontant la nef,
Comme un grognard,
Ces deux billes
En loupe de larmes
Qui n’ont pas crevé,
Sa main roulée
En boule
Sur le poing
De son fils,
Mouchoir de chair
Et fil d’Ecosse,
Ô pleurs !
Qui,
Pour vous délivrer ?
Ancre,
En forme de rancoeur.
Et vous, Joanna et Pierre,
Le curé a prononcé
Le mot
Agapè

Jeu de hasard

Un coquillage par jour
La prescription est frugale,
La plage, abondamment pavée,
Les boutons, les peignes, les boîtes,
N’ont pas vu le jour encore,
Doublure de soie brute
Sous les formes rocheuses des huîtres,
Ma pente naturelle,
Choisir
Sur le portant,
Le coquillage,
En forme de coquillage,
Un tourbillon,
Une vis sans fin
Parme.
Hier,
Fibule du jour
Séchant dans la main,
De l’annulaire
De l’autre,
J’ai retourné
Une coquille
De petite maison de poupée.
Sa pourpre cardinalice,
Inusitée.
Mais.
Un coquillage par jour.
J’ai marqué l’emplacement.

Toxicomane

Plongée

Itinéraires bis

Dans les calèches et les landaux,
Toi, dans la contre-allée, plaqué
Contre le tronc très chic d’un tilleul,
Tu observes le temps passer.

Chargée, un matelas roulé,
Une roue voilée,
La poussette part dans le décor,
Avec le bébé,
Sa tête de vieux,
Et à peine deux dents
Le landau est gris,
Il faut gratter, pour arriver
Au bleu marine de la capote
Sous la poussière
Long serpent de la cohorte,

La route de l’exode.

Ce matin, dans la baie.
Une caravane d’Optimists,
Les uns aux autres reliés part
Lentement vers le large.
Les voix gondolent dans le vent.
Rien ne distingue plus
Celle des mouettes,
De celles des enfants,
Tu as beau faire,
Tu es sur l’autre bord.
Une contre-allée sort
De terre, avec son arbre
Sur la jetée

Évacuation

Palinges, l’étrange rue qui plonge, plage
De Châtelaillon

Sur les fonts baptismaux

Tout petit chausson
Taille Cendrillon
Nacre et porcelaine,
Conque de Tahiti,
Pointe d’ambre gris,
Tombent les hardes
De la souillon,
Naissance d’une sirène

La peau et les os

S’entraîner sur un citron.
Puis trouver parmi la laisse,
Un couteau émoussé
Tourner la coquille,
Les doigts, tour de potier
D’un seul tenant,
Le ruban de gros grain
De la nacre,

La mer, inlassablement

Te montre le bon geste

Le gros lot

Coquillage en train d’avaler une oreille
Toutes les cents fois environ,
Le sort en est jeté
Sur qui décroche
Le combiné
Pour écouter
La mer

Les gammes

Trafiquer, couper, de l’eau dans le vin
De la confiture dans le fût de fruits qui fermentent pour hâter le processus,
« Maï, maï, Kind ! »
Pépé, roublard, ou gardien du Temple, on distille,

Ligne de crête étroite, où viennent boire le chasseur et le chassé, les armes sont déposées, spirale d’une corne, les coups d’une partie d’échecs,  les carreaux du damier, descellés
Biface, le fil qui en fait le tour, méandres coupants et anses douces, où tout se tient, so oder so, douelle d’un tonneau

Neandertal,
Le vallon de celui qui est venu au monde différent,
Est-ce ici que tu as bâti ta maison, Poésie ?

Immatriculation

Mât, drapeau
Pour le reste, le pays n’est pas regardant,
Le long d’un mur,
En clôture,
Longueur de la hampe,
Couleurs, râpées par les sables,
Lustrées,
Chacun fait comme il l’entend.
Dissidence,
Nostalgie ?
Ici,
Retenu par un fer torsadé
Tout contre le volet
Percé d’un coeur,
Mutterseelenallein
La maison
Qui parle
Le géranium,
Et seulement trois mots
De rose trémière.
Langage des fleurs
Lecture attentive
Du post-scriptum
Sous le pare-choc,
Qui dit,
Le pays de Frise ?
Les forêts de sapin ?
Le dit de la voiture,
Mais tu ne sais pas tout,
Parcellaire,
Quelques lettres sur une plaque,
À toi d’en combler
Laissés en blanc,
Les espaces,
Te souviens-tu ?
Petits,
Les dictées à trous