Poème en bouteille
Replier sur soi
La coque, omoplates serrées
Entre, goélette
Replier sur soi
La coque, omoplates serrées
Entre, goélette
Tiroirs des yeux, des cheveux.
Organes qui se voient, durs,
Boutons de bottines, les joues, pinceaux rouges, pour les grandes pétéchies
Le corps est mou, bourre de crin
Elles rient, montrent deux dents, à l’émail blanc, pas plus
Le coeur est une intersection, où se croisent les viscères, ficelles
Et tiges d’acier des bras, des pieds
Sur l’établi, une démantibulée sans sa perruque, calotte crânienne
Aux quatre vents depuis longtemps, les petites filles ont grandi.
Un oiseau de passage guette
Rien ne bouge
Ça froufroute sur le front de porcelaine, fontange de plumes,
L’oiseau bâtit son nid
Bleus, deux oeufs
Le verre de ses yeux
Dans une barquette,
Amazonie. Abattue
Par quelque tempête
Enchevêtrement
De feuilles de mâche, soulever
Un bouquet, trembler
De trouver une plume,
Oiseau de paradis, os
D’homme, dans les brûlis
Neige, fond. La Petite
Marchande d’Allumettes vend
Du vent au détail
Écrire quelque chose
En forme de main. Postillons
Ocres. Sur l’écran
Les pieds s’usent, bientôt
Plus de pieds. Une main tend les
Quatre pieds d’une chaise
Par la forêt, je
Cherche l’Arbre-Monde. L’homme dit
Regarde dans la faîne
Troncs noirs. Fusains. Fée
La brume déroule son cocon
Sur l’arbre. Cendal
Les commissures des
Lèvres s’arrondissent. Miroir,
Perd un peu la tête
Ne voit pas que je fais la tête
Je suis la belle jeune
Femme solitaire tu t’avances
Vers la dame pipi
Tu t’avances vers la
Belle jeune femme solitaire je
Suis la dame pipi