ce que vos yeux vairons

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Urwald

La souche, moussue.
Un vieil arbre, avant d’être abattu
Y voir le pied tranché de quelqu’animal disparu,
D’avant l’histoire écrite.
Dans les racines épaisses, l’ombre de la corne, l’ongle d’une effigie totémique,
La coupe fraîche révèle un aubier rouge, une moelle vive,
Plateau de cernes serrés, enroulés, force de Coriolis figée,
J’écorce une branche.
Dans ma main, une aiguille de bois, qui glisse, tangentielle, sur les rides concentriques,
Et j’entends, qui déchire l’air, un tonnerre inarticulé,
Choeur antique de grondements, la gorge, et le poitrail
De l’animal, dans l’arbre révélé

Aire de repos

Bien au-dessus des
Hommes, les branches dernières du
Tilleul, un attique

Bec verseur

Un vecteur, pointe
De flèche noire, le corbeau va
Crever le nuage

Au coin de la rue

Un Christ cireur de
Chaussures, repère la poussière,
Cuir noir des pieds nus

Stylite

Moine, de l’ordre des
Contemplatifs, le héron,
Juché sur une patte

Le vent soulève ses ailes, qui battent
L’oiseau, humain

« Patience dans l’azur »

Bloc de pierre, j’entends hennir une frise de chevaux,
Inventer le ciseau, la férule, se déclarer écolier
Tailler la montagne en cubes, une montagne de cubes,
Puis un jour, le sérum sourdant de mes ampoules
Fécondera la poussière, d’une arête poussera quelqu’un,
L’amorce, bourgeon de corne d’un sabot

Sous les ongles

Jusqu’au débris, je
Racle l’assiette à dessert,
Ainsi, de l’automne

Dont je presse la
Lumière, mais le soleil est
Une orange sèche

Condensé

Baignoire, une eau cyan,
Le ciel, azulejo, passe,
Un nuage de mousse

Vapeur, son haleine
Sur le miroir, mon reflet
M’a quittée. Le froid

Pluie

Consterne la vitre
Constelle le verre, le biote,
Glace d’une Encelade

3, et des poussières

Juxtaposer deux
Images naissance de la
Coïncidence. Vous