Prospectus
Fente de la boîte aux
Lettres morte de ses yeux
Le papier déborde
L’homme est une maison à l’abandon
Fente de la boîte aux
Lettres morte de ses yeux
Le papier déborde
L’homme est une maison à l’abandon
L’odeur d’eau du concombre, l’ombre de la forêt
De la fiente d’oiseau sur les feuilles,
Crue. Sa levure qui les use jusqu’à l’humus,
Noire. Sens l’aisselle douce d’un mousseron,
La racine à nu d’un grand arbre,
Te souviendras-tu ?
L’ordre n’importe pas, mais de tout cela fais un savon.
Dans ta paume, sa mousse de débris verts et marron
Vois, sens le, l’étang ruisseler clair sur ta peau
Là, en grain de beauté, une écaille de poisson
Faïence d’un bol bleu
Corbeaux, en gouttes noires, d’un
Lait qui a tourné
Les nuits grandissent, je
Défais leur ourlet, l’aire noire
Du jeu des ombres
Il écume, noir, dans
La brume, qu’avale le rêve
Frison silencieux
Le texte ne change pas
La voix se déforme, caverneuse, ou ballon d’hélium
On rit, ou on frémit
Mais le texte
Changer l’aiguille, plus ou moins dure sur la cire, quelle est la nuance, dans le sillon, la part du cynisme, celle de l’ironie
Le texte ne change pas
Tu ne le dégraveras pas
Sur le sulfure du
Papier, un tatouage
Gras, croissant de lune
Noir clair parfois en
Moi ce soufflet essaimant
Un buisson d’akènes
Au loin, on fait mal à un inconnu
Par contagion, d’homme à homme souffrant,
Sa douleur, transmise, elle mettra des années
À me parvenir, comme une vague longue,
Venue du fond de l’océan
Un jour, je me lèverai, la main sur le flanc,
Me disant, j’ai mal
Sans en connaître la raison