La voix, Hachikô
Je l’ai attendue,
Bête. Un chien, qui guette son
Humain, disparu
Je l’ai attendue,
Bête. Un chien, qui guette son
Humain, disparu
Je suis saüle, derrière
Saule aussi sur le petit
Paravent chinois
Entre les herbes éparses, la raréfaction
De l’eau, poudre, la terre. Une mouture grise,
Lessive sèche, fourrure pulvérulente du chat
Qui se roule, émiette de son arc vertébral la croûte du sol
L’ombre est sac de jute, perle, argile verte,
Taches fauves, qui caméléonnent sur son échine,
Chappaloosa, un collant faune galbe ses pattes,
La touffeur, et la lumière sautellent
Sur le chat. Dans le jardin, le flabellum
D’une branche dans la brise, brise l’instant,
S’avance le soir, en son désert qui bleuit,
Marine de la nuit. Puis, le rideau tombe,
Quelqu’un a soufflé sur les lucioles,
Le tableau noircit, lentement
Syncope du pas,
La danse se désaccorde,
Et tangue. Fandango
Un nom. Peut-être en porte-t-il déjà un
Adjectivalement parlant, « Caoutchouteux »
Lui va comme un gant, chat-serpent se mord la queue
Faut-il dire « errant » ?
Je dis « chat itinérant »
Enfant de poême
Regarder d’en haut, si l’on vous a fait la grâce d’être un oiseau
Le voyage est circulaire, tracé de l’hélice de la coquille d’un escargot,
La route tourne sur son axe, comme ces enseignes-sucre-d’orge rouges et blanches et bleues des barbiers
Rubans, en longs phylactères de la colonne de Trajan,
Château de sable en turban de la Malwyia,
Je répète la route mentalement.
À gauche, la montagne en rochers de grès, à droite, en à-pic, la forêt,
Au sommet, suivre l’ambre du torrent, une truite me salue en allemand, « Es freut mich ! », je roule jusqu’à la maison du bout du monde, ses douze montres, pendules, et coucou, la petite, ronde, à crémaillère, si jolie
Attendre, que tous annoncent le lever du jour, au fond de la vallée, le V noir des sapins verdit, le soleil monte comme une hostie derrière la montagne.
Idée. Gracile
Scion, bientôt, s’il s’ouvre,
Noyau de cerise