L’oiseau boit
Goutte d’eau roulant
De la tige au coton, le bec
La crève, avide
Goutte d’eau roulant
De la tige au coton, le bec
La crève, avide
L’air chaud gondole les images de la rue,
Qui s’articulent, comme les panneaux d’un paravent
Un oiseau, époumoné, son cri, le silence, motif répété, da capo,
Je pense aux plis du corps d’un accordéon, aux plaquettes
D’un éventail, qui s’ouvre, et de referme brusquement, impuissant,
Une voiture fend l’impression, comme le vent dissiperait les spires d’une fumée qui monte, l’ouvre ainsi qu’un fruit mûr, une grenade, des crevures de laquelle les grains roulent, emportant avec eux le mirage, dans un bruit de bête mugissante, que la climatisation enroue
Au loin, la teinte du son de la cloche qui se fêle
Gris, sur gris, l’oiseau, le pavé
L’oiseau, tombé sur le pavé
Tremblants, ma main qui se tend, lui, il halète
Saunier, je cueille une fleur bise, pistil jaune de son bec
Devenir jardinier
Le front de l’homme est
Un champ, sur lui, le reflet
Craquelé du blé
En été, chaud, froid
En hiver, isotherme,
La misère, l’homme nu
Écrit sur un rouleau de cuivre, une feuille d’érable, martelée
Les marques d’un petit bec, poinçons d’un pinson, à déchiffrer
Je ramasse la feuille, lobée, y voir le patron,
L’empreinte de la patte d’un oiseau,
Je passe mon doigt sur le rouleau de cire d’un phono,
Du bout du petit tube, comme au travers d’un bouchon de coton,
Gravées, les deux syllabes d’une note, leur piccolo, étouffé
Fabriquer une anche
Un peigne, aux dents fines, un papier de soie
Mon frère subtilise une feuille de Rizla Croix dans le carnet de notre grand-père
Le dispositif vibre entre nos lèvres, nous bourdonnons comme des mouches, éclats de rire
Être le grain de
Sable d’un grain de sable,
Imperceptible