Le hic, est-ce le nunc
La retourner comme un gant, la peau du jour,
Conserver au dedans ce qu’elle a de chaud,
Pour l’hiver, leçon de l’écureuil
La salamandre sous le soleil ne tire pas de plan sur la comète
La retourner comme un gant, la peau du jour,
Conserver au dedans ce qu’elle a de chaud,
Pour l’hiver, leçon de l’écureuil
La salamandre sous le soleil ne tire pas de plan sur la comète
Le va-et-vient roux de l’écureuil, dans l’arbre
Une lumière douce qui s’allume et s’éteint,
Entre les branches, un petit néon, qui clignote,
De la chaleur, rien ne l’atteint, ni cilice, son pelage,
Mais complice, le soleil de la saint Jean
Je pense à l’Atlantide de l’ours blanc, qui s’éteint sur la banquise qui s’abîme, le crépuscule de l’animal sur son radeau, celui de la glace qui se change en eau
Un fruit sec tombe des mains minuscules du petit écureuil
Vivre.
Être de l’espèce d’Alice, devenir petite, et tomber.
Lueur d’aube, au fond du terrier
Comme sont tombés de Lucy,
Les poils, la mandibule puissante,
Au moment de devenir Homme,
Une femme du genre humain,
Ce qui ne sera plus indispensable à notre survie
S’atrophira-t-il aussi,
Le langage, et son appendice,
L’inutile poésie
Tout m’est sanctuaire, quand il s’agit de vous, mes pluriels, mon singulier
Une enveloppe vide, sans étrennes, mais il y a l’écriture de mon père, qui penche toujours, comme un peuplier sous le vent
Ces photos où je ne reconnais pas mes grands-parents, ils étaient jeunes, comme jamais
Ces livres en caisse, ces bibelots précieux et dérisoires, où toute la moelle de ma mémoire s’est réfugiée
Tout ce dont je suis avare jusqu’au péché, qui ne vaudra kopeck, après, je conjure le sort comme une vieille gitane, je ne finis pas la phrase, après reste en suspens, suspendu comme ces gouttes d’eau défiant la gravité, sur ces photos au ralenti.
L’après, je l’ai vu, le coeur serré, un après-midi de vide-grenier, une paire de vieilles chaussures, oh, pas une de ces antiquités, une paire de chaussures vieilles, de dame âgée.
Tout à côté, posé, un petit tableau creux, une couronne de fleurs en plastique, et une mèche de vrais cheveux.
Les mouches entrent
L’air qu’on leur fait au dehors est irrespirable
Ceux qui restent à la lisière,
Derrière le rideau la vitre le volet clos
Les oiseaux qui s’épuisent
Leur air, ison bref, les bréchets fragiles halètent,
Métronome désordonné, pizzicato, les moineaux,
Il est loin le temps des trilles soyeuses,
Les cerises aussi sont en sursis
Je pourrais toucher, du bout du doigt,
Le bandana où transpire le suint de sueur
De Frank Thorn
Soylent Green sonne notre glas
Alors j’écoute Jeux d’eau si fort,
Que ruisselle sur moi le morceau
Je dépose ma peau humide, sur le valet de bois, à côté du lit
Dormir
La nuit est de cendal, et pour seule camisole,
La voix solitaire d’un enfant,
Les premières mesures de La Nuit, de Rameau,
Sa beauté spectrale, comme un Noël
La nuit titube et tombe,
Tout ce que la chaleur avait de cru, les mots qui dessèchent la bouche, au moment de les prononcer, touffeur, et poussière, fond,
Dans le bassin, l’îlot rouge et blanc des poissons se meut en nuage lent, feu grégeois des écailles entre les roseaux
Puis l’eau se trouble, lait gris qui caille
Fin du tableau
Les nasses, les casiers à homards
Ils ont la taille des poissons, des crustacés des bas-fonds
Ceux qui piègent les bans d’Omar, qui flottent entre deux eaux, sont oblongs, les brins d’osier forment des paniers, qui avalent des hommes à la peau noire, leur badine, sur ce menu fretin
La pêche, donne-lui le nom que tu veux, nauséeuse, mon coeur a le mal de mer
À côté des bouillons énormes du fleuve,
L’échelle à poissons, chemin de croix
Échelle de Jacob, un poisson monte,
Mutant, Jack et le haricot magique
Il franchit la passe
Je regarde, depuis la rive,
La baleine de béton expulser son Jonas
L’effort, surhumain
Je me sens bête