Crabe

Deux foulques
Lèvent les filets,
Carpe, immobile
Coup de sonnette
Une maman et sa fillette
Glissando flûté
Le carrelet
Remonte sa pêche,
Léger silence
Un feu d’artifice
De cibles de cartons qui se dressent
Comme des diables de leur boîte.
L’apprentissage est long.
Les cibles fauchent les lièvres
Plus que ne le font les munitions à blanc,
Orgueil,
Vanité
Le champ de tir
Est le désordre,
Fuligineuse brume
Qui désoriente,
Les voix enchanteresses
Ne te semblent
Pas encore de fusain et bistre,
Cernent de khôl tes zones d’ombre
Et le train fantôme quitte le quai,
Tu cours
Choisis le confort
De la classe molle,
Nasse des toiles d’araignée
Qui bandelettent ton visage,
Tu ne le sais pas,
Coupe à la main,
Bandeau sur la frange,
Enivrée de doucereuse jusquiame,
Mais tu es dans l’arène,
Crevant côté soleil,
Cheval claudiquant
Dans toutes les muletas,
Les yeux brûlés,
Tu ne le vois pas,
Le miura,
Jeeves
Le taureau de combat,
Qui fait écran
Pour toi,
Te console du pire,
Lorsque tu tournes
La tête
Vers ton échine
Qui ne brille
Que de sueur,
Tu n’es pas faite pour la banderille,
Porte qui tu es,
Là est ton poids.
Je relis
Norstein,
Le hérisson dans le brouillard
Jeeves,
Fil d’Ariane
Grillon véritable du foyer
Jeeves.
Son ison régulier,
Coeur réglé
Comme une horloge,
Par gros temps,
Il en retire les tourbillons,
Si une dent de lait pousse
Dans un rouage,
Il l’extrait,
En fait du fromage
Pour la petite souris
Qui vit derriere une porte cintrée,
Plinthe de la maison,
Un souci avec la voiture ?
De son chapeau,
Il sort un échappement,
Ou la spirale d’un accroche~coeur
Suivant les conseils
D’Edward~aux~mains~d’argent,
S’il a succombé
Aux ciseaux du coiffeur,
Cher Amour,
Qui donne l’heur
Sans conter,
Ajuster le pas
De ma montre
Sur celui du robinet
Qui fuit d’un pas de sénateur,
Il en a fait une clepsydre
Qui grossit la durée des jours,
Les secondes durent des heures,
Tables à rallonge, et strapontins
Tempus fugit sans demander son reste,
Grillon véritable du foyer,
Amour